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 Il était une fois...

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MaPi
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Mer 15 Nov 2017, 3:44 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.
Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.
C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.
Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de magnifiques photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.
Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Mer 15 Nov 2017, 3:58 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.
Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.
C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.
Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de magnifiques photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.
Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler. 
Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.
Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. . Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par 
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Mer 15 Nov 2017, 4:02 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.
Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.
C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.
Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de magnifiques photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.
Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler. 
Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.
Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. . Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse: il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint à lui grâce...

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Mer 15 Nov 2017, 4:13 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.
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C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.
Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de magnifiques photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.
Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
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Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.
Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. . Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse: il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint à lui grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Mer 15 Nov 2017, 8:39 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Après avoir dûment remercié son amphitryon, il reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.
Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Jeu 16 Nov 2017, 3:25 pm

Pour éviter les répétitions de "Après avoir", je suggère de remplacer :
Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, par
Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis

De même je remplace
"Après avoir dûment" par
Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route

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Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Après avoir passé quelque jours à visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg, il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.
Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Jeu 16 Nov 2017, 3:40 pm

Bonjour,

merci P30T, le texte s'affine, se peaufine, ça circule bien.

Qui aurait dit que les FRPistes avaient la plume alerte ?

MaPi, ce dénicheur de talents cachés…

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Jeu 16 Nov 2017, 5:10 pm

Des photos de la sylphide se baignant nue dans le lac illustrerait de manière fort agréable ce récit... 

De même que des clichés en rapport avec cette palpitante aventure...  Smile
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Jeu 16 Nov 2017, 5:39 pm

Bon on en est où? A l'autre bout du monde ou non?
Sinon j'envoie une navette spatiale Rire fort

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Jeu 16 Nov 2017, 9:11 pm

Je pensais que PK5 aurait pris le relai ou aurait pu illustrer ce passage ainsi que scaz pour le début (la perche lui était rendu avec le 645 Ω.

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C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Ven 17 Nov 2017, 6:13 am

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.


Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage. 
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Ven 17 Nov 2017, 10:52 am

Il avance vite dis donc, exit Zagreb, Sarajevo... Il chausse des bottes de 7 lieues ma parole, le Victor Pixel Pictor Vixel.

==================================================================================================================================

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.


Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.


Dernière édition par P30T le Ven 17 Nov 2017, 3:01 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Ven 17 Nov 2017, 1:38 pm

P30T a écrit:
Il avance vite dis donc, exit Zagreb, Sarajevo... Il chausse des bottes de 7 lieues ma parole, le Victor Pixel Pictor Vixel.
Je n'ai pas dit où il se trouvait quand il a fini sa marche au coucher du soleil... 
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Ven 17 Nov 2017, 2:59 pm

Ja mais dans ce cas la prochaine destination ne serait pas le canyon...

Je sais, la rigueur et moi ça ne fait pas 2... (dixit ma femme !) bon je m' jemecache ou m' sortir .

J"ai ajouté une fin de phrase laissant l'ouverture...
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Ven 17 Nov 2017, 10:16 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage. 
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nul d'autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Un clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, ...
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 12:02 am

Bravo, bien rattrapé.

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Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic d'amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nulle autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Une clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, scruté d'un œil aigu l'espace très dégagé qui l'entourait, consulté la météo qui annonçait une nuit très calme et sans nuage, il décida de consacrer quelques heures à faire des clichés astrophotographiques. La lune étant en dernier quartier ne serait pas gênante et l'Oméga possédait un suiveur astrographique de dernière génération. De plus, le pied ultraléger en fibres de carbone était complété par une petite tête équatoriale, micromotorisée de marque Takahashi, le nec plus ultra en la matière, lui permettant avec son 55mm des suivis de l'ordre d'une dizaine de minutes.
Avec le GPS intégré, il peaufina la mise en station, les ultimes réglages se feront une fois la nuit tombée, puis il se concocta une petite potion chaude de son invention, idéale pour affronter la fraicheur nocturne. Enfin il dîna, oh ce ne fut pas Lucullus qui dînait chez Lucullus, mais ce n'en était pas loin : quelques écrevisses de la rivière proche cuites en plancha sur une pierre plate , des pleurotes et des trompettes de la mort sautées avec de l'ail des ours, un morceau de Pule acheté dans une petite ferme et une pomme cueillie sur l'arbre.
La vaisselle faite et rangée, la nuit étant maintenant complète, il se consacra à ses photos. D'abord Les Pléiades dans le Taureau, puis la voie lactée dans la région du Cygne, plus précisément les dentelles du Cygne si fines et délicates, Orion et la Grande Nébuleuse, pépinières d'étoiles en gestation, et pour terminer M31 la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. En tout plus d'une centaine de photos en haute résolution avaient été emmagasinées dans la carte mémoire de l'appareil lorsqu'il décida d'aller se coucher satisfait de sa séance.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 11:25 am

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic d'amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nulle autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Une clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, scruté d'un œil aigu l'espace très dégagé qui l'entourait, consulté la météo qui annonçait une nuit très calme et sans nuage, il décida de consacrer quelques heures à faire des clichés astrophotographiques. La lune étant en dernier quartier ne serait pas gênante et l'Oméga possédait un suiveur astrographique de dernière génération. De plus, le pied ultraléger en fibres de carbone était complété par une petite tête équatoriale, micromotorisée de marque Takahashi, le nec plus ultra en la matière, lui permettant avec son 55mm des suivis de l'ordre d'une dizaine de minutes.
Avec le GPS intégré, il peaufina la mise en station, les ultimes réglages se feront une fois la nuit tombée, puis il se concocta une petite potion chaude de son invention, idéale pour affronter la fraicheur nocturne. Enfin il dîna, oh ce ne fut pas Lucullus qui dînait chez Lucullus, mais ce n'en était pas loin : quelques écrevisses de la rivière proche cuites en plancha sur une pierre plate , des pleurotes et des trompettes de la mort sautées avec de l'ail des ours, un morceau de Pule acheté dans une petite ferme et une pomme cueillie sur l'arbre.
La vaisselle faite et rangée, la nuit étant maintenant complète, il se consacra à ses photos. D'abord Les Pléiades dans le Taureau, puis la voie lactée dans la région du Cygne, plus précisément les dentelles du Cygne si fines et délicates, Orion et la Grande Nébuleuse, pépinières d'étoiles en gestation, et pour terminer M31 la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. En tout plus d'une centaine de photos en haute résolution avaient été emmagasinées dans la carte mémoire de l'appareil lorsqu'il décida d'aller se coucher satisfait de sa séance.
Aller se coucher? Mais non, son compagnon de route, Vendredi qu'il avait rencontré deux jours plus tôt l'interpela:

- Si nous entamions cette bouteille qui me reste?

Bien que fatigué Pictor accepta et la bouteille fut vite allégée. Ils gagnèrent ensuite leur sac de couchage et s'endormirent. Quelques heures plus tard, Pictor se réveille et secoue son compagnon : - Vendredi, regardez le ciel et dites-moi ce que vous voyez. - Je vois des millions et des millions d'étoiles. - Qu'est-ce que vous en déduisez ? - Astronomiquement, répond Vendredi, flatté de cette marque d'intérêt, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. Astrologiquement, j'observe que Saturne est en Lion. Horairement, j'en déduis qu'il est environ 3 h 15. Théologiquement, je vois que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants. Météorologiquement, je pense que nous aurons une belle journée demain. Et vous, Pictor ? Pictor Vixel reste silencieux une minute puis déclare : - Très simplement, Watson, j'en déduis que des malotrus ont volé notre tente et mon 645.
Le reste de la nuit fut fraîche mais heureusement, se dit Pictor, il me reste mon bon vieux K5...

_________________
La photo:
 

En Pentax: K10D, K5 et quelques cailloux appréciés comme le Bigma (Sigma 50-500) par exemple.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 11:44 am

Chapitre un : De Genève à Zagreb.

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic d'amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nulle autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Une clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, scruté d'un œil aigu l'espace très dégagé qui l'entourait, consulté la météo qui annonçait une nuit très calme et sans nuage, il décida de consacrer quelques heures à faire des clichés astrophotographiques. La lune étant en dernier quartier ne serait pas gênante et l'Oméga possédait un suiveur astrographique de dernière génération. De plus, le pied ultraléger en fibres de carbone était complété par une petite tête équatoriale, micromotorisée de marque Takahashi, le nec plus ultra en la matière, lui permettant avec son 55mm des suivis de l'ordre d'une dizaine de minutes.
Avec le GPS intégré, il peaufina la mise en station, les ultimes réglages se feront une fois la nuit tombée, puis il se concocta une petite potion chaude de son invention, idéale pour affronter la fraicheur nocturne. Enfin il dîna, oh ce ne fut pas Lucullus qui dînait chez Lucullus, mais ce n'en était pas loin : quelques écrevisses de la rivière proche cuites en plancha sur une pierre plate , des pleurotes et des trompettes de la mort sautées avec de l'ail des ours, un morceau de Pule acheté dans une petite ferme et une pomme cueillie sur l'arbre.
La vaisselle faite et rangée, la nuit étant maintenant complète, il se consacra à ses photos. D'abord Les Pléiades dans le Taureau, puis la voie lactée dans la région du Cygne, plus précisément les dentelles du Cygne si fines et délicates, Orion et la Grande Nébuleuse, pépinières d'étoiles en gestation, et pour terminer M31 la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. En tout plus d'une centaine de photos en haute résolution avaient été emmagasinées dans la carte mémoire de l'appareil lorsqu'il décida d'aller se coucher satisfait de sa séance.

Aller se coucher? Mais non, son compagnon de route, Vendredi qu'il avait rencontré deux jours plus tôt l'interpela:

- Si nous entamions cette bouteille qui me reste?

Bien que fatigué Pictor accepta et la bouteille fut vite allégée. Ils gagnèrent ensuite leur sac de couchage et s'endormirent. Quelques heures plus tard, Pictor se réveille et secoue son compagnon : - Vendredi, regardez le ciel et dites-moi ce que vous voyez.
- Je vois des millions et des millions d'étoiles.
- Qu'est-ce que vous en déduisez ?
- Astronomiquement, répond Vendredi, flatté de cette marque d'intérêt, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. Astrologiquement, j'observe que Saturne est en Lion. Horairement, j'en déduis qu'il est environ 3 h 15. Théologiquement, je vois que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants. Météorologiquement, je pense que nous aurons une belle journée demain. Et vous, Pictor ?
Pictor Vixel reste silencieux une minute puis déclare :
- Très simplement, Watson, j'en déduis que des malotrus ont volé notre tente et mon 645.

Le reste de la nuit fut fraîche mais heureusement, se dit Pictor, il me reste mon bon vieux K5.

Incapables de se rendormir car trop énervés par cet incident grave, ils déambulèrent aux alentours et tombèrent sur leur sac et la tente sous laquelle dormaient un couple d'adolescents qui voulaient abriter leurs amours. Réveillés manu militari ceux-ci furent tancés d'importance et renvoyés dans leurs foyers. Soulagé par la récupération de son cher appareil et surtout des photos prises pendant la nuit et les jours précédents, Pictor décida de plier bagages et de reprendre son périple en se jurant, in petto, de trouver une solution définitive à ce genre de problème.

Comme tout bon photographe, il avait l'imagination fertile et une idée commençait à poindre dans son esprit. Zagreb qu'ils atteindraient vers midi lui permettra de concrétiser ce qu'il envisageait. Zagreb serait aussi l'endroit où il se séparerait de Vendredi arrivé au terme de son voyage.

Pictor Vixel était d'humeur joyeuse comme il l'était généralement et discutait agréablement avec son compagnon de voyage. Il savait où loger, les Roms rencontrés précédemment lui avaient donné une liste d'adresses où il serait parfaitement accueilli et où il pourrait trouver des chevaux. En effet, comme tout chevalier même moderne, Pictor était un cavalier accompli, maître es armes blanches et arts martiaux. C'est en pensant aux chevaux que l'idée avait germé : une série de clochettes à l'intérieur de la tente tinterait en cas de vol. Le réveil était assuré. Et puis chevaucher cheveux au vent ne lui déplaisait pas, il gagnerait du temps pour photographier et visiter.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 12:07 pm

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic d'amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nulle autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Une clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, scruté d'un œil aigu l'espace très dégagé qui l'entourait, consulté la météo qui annonçait une nuit très calme et sans nuage, il décida de consacrer quelques heures à faire des clichés astrophotographiques. La lune étant en dernier quartier ne serait pas gênante et l'Oméga possédait un suiveur astrographique de dernière génération. De plus, le pied ultraléger en fibres de carbone était complété par une petite tête équatoriale, micromotorisée de marque Takahashi, le nec plus ultra en la matière, lui permettant avec son 55mm des suivis de l'ordre d'une dizaine de minutes.
Avec le GPS intégré, il peaufina la mise en station, les ultimes réglages se feront une fois la nuit tombée, puis il se concocta une petite potion chaude de son invention, idéale pour affronter la fraicheur nocturne. Enfin il dîna, oh ce ne fut pas Lucullus qui dînait chez Lucullus, mais ce n'en était pas loin : quelques écrevisses de la rivière proche cuites en plancha sur une pierre plate , des pleurotes et des trompettes de la mort sautées avec de l'ail des ours, un morceau de Pule acheté dans une petite ferme et une pomme cueillie sur l'arbre.
La vaisselle faite et rangée, la nuit étant maintenant complète, il se consacra à ses photos. D'abord Les Pléiades dans le Taureau, puis la voie lactée dans la région du Cygne, plus précisément les dentelles du Cygne si fines et délicates, Orion et la Grande Nébuleuse, pépinières d'étoiles en gestation, et pour terminer M31 la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. En tout plus d'une centaine de photos en haute résolution avaient été emmagasinées dans la carte mémoire de l'appareil lorsqu'il décida d'aller se coucher satisfait de sa séance.

Aller se coucher? Mais non, son compagnon de route, Vendredi qu'il avait rencontré deux jours plus tôt l'interpela:

- Si nous entamions cette bouteille qui me reste?

Bien que fatigué Pictor accepta et la bouteille fut vite allégée. Ils gagnèrent ensuite leur sac de couchage et s'endormirent. Quelques heures plus tard, Pictor se réveille et secoue son compagnon : - Vendredi, regardez le ciel et dites-moi ce que vous voyez. 
- Je vois des millions et des millions d'étoiles. 
- Qu'est-ce que vous en déduisez ? 
- Astronomiquement, répond Vendredi, flatté de cette marque d'intérêt, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. Astrologiquement, j'observe que Saturne est en Lion. Horairement, j'en déduis qu'il est environ 3 h 15. Théologiquement, je vois que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants. Météorologiquement, je pense que nous aurons une belle journée demain. Et vous, Pictor ? 
Pictor Vixel reste silencieux une minute puis déclare : 
- Très simplement, Watson, j'en déduis que des malotrus ont volé notre tente et mon 645.

Le reste de la nuit fut fraîche mais heureusement, se dit Pictor, il me reste mon bon vieux K5.

Incapables de se rendormir car trop énervés par cet incident grave, ils déambulèrent aux alentours et tombèrent sur leur sac et la tente sous laquelle dormaient un couple d'adolescents qui voulaient abriter leurs amours. Réveillés manu militari ceux-ci furent tancés d'importance et renvoyés dans leurs foyers. Soulagé par la récupération de son cher appareil et surtout des photos prises pendant la nuit et les jours précédents, Pictor décida de plier bagages et de reprendre son périple en se jurant, in petto, de trouver une solution définitive à ce genre de problème.

Comme tout bon photographe, il avait l'imagination fertile et une idée commençait à poindre dans son esprit. Zagreb qu'ils atteindraient vers midi lui permettra de concrétiser ce qu'il envisageait. Zagreb serait aussi l'endroit où il se séparerait de Vendredi arrivé au terme de son voyage.

Pictor Vixel était d'humeur joyeuse comme il l'était généralement et discutait agréablement avec son compagnon de voyage. Il savait où loger, les Roms rencontrés précédemment lui avaient donné une liste d'adresses où il serait parfaitement accueilli et où il pourrait trouver des chevaux. En effet, comme tout chevalier même moderne, Pictor était un cavalier accompli, maître es armes blanches et arts martiaux. C'est en pensant aux chevaux que l'idée avait germé : une série de clochettes à l'intérieur de la tente tinterait en cas de vol. Le réveil était assuré. Et puis chevaucher cheveux au vent ne lui déplaisait pas, il gagnerait du temps pour photographier et visiter.
Echaudé par cette mésaventure, il décida de faire immédiatement une sauvegarde de ses précieuses photos sur son disque dur autonome actionné par l'énergie solaire. Lui, si précautionneux en temps ordinaire, se dit qu'il l'a échappé belle sur ce coup-là. Il décida donc que dorénavant il ferait une copie de ses photos sitôt celles-ci réalisées et qu'il achèterait un autre disque dur autonome dès que l'occasion se présenterait. Deux précautions valent mieux qu'une ! Surtout qu'on ne fait jamais deux fois la même photo.

Il arriva chez ses possibles hôtes au bout d'une longue marche à pas forcés.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 1:26 pm

Chapitre un : De Genève à Zagreb.

Il était une fois un photographe, égaré quelque part sur les traces de Nicolas Bouvier, ce brave suisse issu d'un milieu protestant, rigoriste mais éclairé. Ce photographe, nommons-le Pictor Vixel, rêvait de faire revivre par l'image l'incroyable voyage de Nicolas Bouvier et de Thierry Vernet, son peintre de compagnon.

Malheureusement, Pictor Vixel venait de perdre son Pentax K6, le fameux Pentax Kir, Kir Royal bien sûr ! L'appareil était tombé dans une crevasse alors qu'il grimpait le glacier de Bionnassay en direction du Nid d'Aigle. Il espérait ainsi le voir régurgiter en témoignant avec une rage millénaire que la nature est une tueuse de K. Néanmoins, le célèbre guide photographe de Chamonix, Pierre Tairraz, lui avait conseillé de partir avec l'extraordinaire 645 Ω, le moyen format ultime de la marque.

C'est avec cet appareil qu'il avait réalisé la saisissante vue du couloir de la mort alors qu'une avalanche de pierres le parcourait.
Après avoir dépassé, l'aiguille de Bionnassay, il avait marché en direction de Miage et espérait atteindre le refuge avant la nuit pour ne pas risquer une chute du haut de la crête dans l'obscurité. Le lendemain, il avait prévu de faire la traversée en direction de la frontière italienne vers le refuge Francesco Gonella.

Pour l'instant, il reprenait quelques forces en dégustant la potion magique de son vieil ami Léon, à savoir : un tiers de vin des Abymes, un douzième de liqueur des Aravis, un quart d'ambré de bonne facture et le reste d'eau des glaciers.
Mis de bonne humeur après cette rasade, il relut quelques passages de "L'usage du Monde" puis fit une photographie du coucher de Soleil sur les aiguilles. Ensuite, il fît l'inventaire de son matériel et se vêtit chaudement. Le léger vent était glacial mais le temps magnifique. Cela augurait de splendides photos. D'un geste décidé, il reprit la trace vers le refuge tout proche. Il pourra passer la nuit tranquillement en cette saison et partir tôt le lendemain matin.

Après un dîner de succulents diots au vin blanc et de rissoles aux poires, il s'endormit dans son sac de couchage et rêva de la suite de son voyage à bord d'une magnifique Fiat Topolino customisée d'or pour la circonstance, réminiscences du fameux film avec Bourvil et de Funès.
Grâce à ce carrosse des temps modernes, il put embarquer son bar portable et pousser son voyage bien à l'aise jusqu'en Autriche et sans avitailler.

Il réserva quelques jours pour visiter et photographier la jolie ville de Wolfsberg puis il décida de rejoindre la Croatie en marchant à travers la montagne.

Le réveil le sortit de son profond sommeil à 3 heures précises. La journée allait être longue, il ne fallait pas prendre de retard. Il bondit de son lit et ingurgita un solide petit déjeuner. Prendre des forces était indispensable pour tenir les nombreuses heures de marche qui le mèneraient à sa prochaine étape. Soudain, il fut sorti de ses pensées vagabondes par une pensée affreuse : il n'aurait pas assez d'ambré pour faire face ; la détresse l'envahit, son cerveau entra en ébullition car il fallait trouver une solution diligente. Elle vint grâce à la vue qui s'offrit à lui à travers la fenêtre. Dans la pénombre, il voyait très nettement les flammes chauffer un alambic d'amateur sur l'autre versant de la montagne. Il s'empressa de fermer son sac et se dirigea vers celui qu'il considérait comme son sauveur. Il ne quittait pas cette lueur du regard et ...
Plouf !
Une chute dans le ruisseau le vit tout pantelant et légèrement hagard.
Une bonne âme charitable vint le sortir de là. Heureusement son attirail photographique dans sa housse étanche n'avait pas souffert de cet incident.
Pour le réconforter et le réchauffer, son sauveur lui offrit le grog écossais bien brûlant en échange du récit circonstancié des aventures qui l'avaient amené ici.

Le breuvage revigorant lui ayant redonné sa légendaire bonne humeur, il remercia dûment son amphitryon puis reprit sa route en direction de la petite et narquoise flamme bleue qui dansait une sarabande digne des plus ensorcelantes sorcières des Carpates. Un peu plus loin, un charmant tableau retint son attention ; une sylphide se baignait nue dans le lac de Crna Makia. S'en perdre de temps, il sortit son 645 et fit feu plusieurs fois, la scène était immortalisée comme il le vérifia derechef.
Ses prochaines nuits allaient être peuplées de belles et douces inconnues.

Alors qu'il fredonnait '"Une nuit sur le Mont Chauve", une pensée incongrue lui traversa l'esprit.
"Ne serait-ce pas la fée Morgane qui aimerait me précipiter dans les chutes de Reichenbach pour mieux me retenir ?".
Ce qui le fit rire aux larmes en imaginant la tête qu'aurait fait sir Arthur dans ce cas.

La journée était belle, le soleil dardait ses rayons et réchauffait peu à peu la matinée, les kilomètres s'effaçaient sous son pas allègre.
Pictor se rapprochait de son but qu'il atteindrait dans une vingtaine de minutes. Déjà, il distinguait un camp formé de deux roulottes désattelées, les chevaux paissant à quelques pas, quelques personnes passaient et repassaient devant un gros alambic sous lequel un bon feu flamboyait.

Il pressa le pas. Un sifflement retentit et du mouvement se fit dans le camp. Un homme, un fusil à la main s'avança vers lui. Pictor, chevalier des temps modernes, lui adressa un amical signe de la main pour le rassurer. La rencontre se fit à mi-chemin.
Les deux hommes se saluèrent, l'inconnu s'exprima non pas dans l'idiome local mais en Anglais, langue que Pictor Vixel pratiquait couramment.
En cheminant vers le camp, son compagnon lui apprit qu'il revenait d'Ecosse avec sa famille où il avait passé 3 années à travailler dans une distillerie du Speyside. Imaginez la joie de notre voyageur.

Dans le camp en effervescence où Victor fut invité à partager le repas, quelques gallons du digne breuvage reposaient à l'ombre. La table était dressée et attendait les convives. Loin d'un infâme brouet, un succulent civet de lapins répandait ses fumets en attendant d'être dégusté.
Toute la famille en costume typique de la région pour faire honneur à l'invité s'attabla en l'entourant.
Les gobelets circulèrent puis chacun prit un instrument de musique, le chef de la troupe sortit son crwth, instrument proche de la harpe et de la lyre, des mélodies accompagnées par les voix fraiches des enfants s'élevèrent.
Vixel ne pouvait pas laisser son cher appareil dans son étui ; il chercha la meilleure exposition étudia son cadrage, peaufina ses réglages et prit plusieurs clichés dont il promit d'envoyer les tirages.
L'après-midi s'avançait, il était 2 heures au soleil, il était temps de repartir. Il prit congé, fit quelques menus cadeaux en échange d'une fiole de whisky et donna quelques pièces aux enfants puis reprit son chemin.

Ravi par les rencontres qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant, il avait marché d'un pas alerte jusqu'au coucher du soleil. Après avoir monté sa tente, allumer un feu et s'être délecté des spécialités locales, il s'allongea dans son sac de couchage.
Mille pensées lui vinrent à l'esprit. Qui allait-il rencontrer sur sa route ? Quels paysages allait-il découvrir ? Arriverait-il à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ?
Cartes en main, il étudia quels itinéraires il pouvait prendre pour arriver à sa prochaine destination, à savoir le canyon de l'Uvac.
Il se dit que bifurquer vers le sud vers le Monténégro lui offrirait de belles opportunités de faire de magnifiques photos.
Tant de merveilles à découvrir : les bouches de Skodor, Perast, le lac de Shkodra...
Sur son calepin, il écrivit ces sites à ne pas manquer et se laissa submerger par le sommeil, qu'une bonne rasade de son délicieux whisky avait fortement facilité.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le gazouillis des oiseaux et les premiers rayons d'un soleil qui annonçait une journée parfaite pour la marche.
Son attention fut attirée par les facéties de deux écureuils jouant avec un gland parmi les miettes du  dîner d'hier soir. Une occasion de témoigner de la vie sauvage à ne pas rater ; le Pentax là encore avec son moyen format fit merveille.
Le matériel soigneusement plié et rangé, le sac bien calé sur le dos, Pictor partit en direction du mot Zlatibor et du lac Serbe qu'il atteindrait il ne savait quand.

En effet, nul impératif ne guidait sa vie. Il vivait au gré de ses découvertes et des rencontres qu'il pouvait faire.
Il exécrait la société mercantile qui savait de moins en moins apprécier les bonheurs simples...
Lui se contentait de peu. Un chant d'oiseau, un paysage époustouflant, une discussion autour d'un bon repas agrémenté d'un bon vin suffisait à le satisfaire et à égayer ses journées.
Carpe Diem. Cette expression chez lui avait résonné comme nulle autre lorsqu'il l'avait entendue lors d'un cours de philosophie dans sa prime jeunesse. Ce jour-là, il avait décidé que ce serait sa devise et qu'elle lui dicterait son parcours de vie.

Le cœur plein d'allant, il marchait d'un pas résolu vers son avenir, tout en contemplant le monde qui l'entourait.
Son fidèle compagnon de route, le 645 Ω, saisissait les instant magiques dont il était le témoin.

Une clairière recouverte d'herbes douces s'offrit à lui. Vu que le soleil commençait à bien baisser sur l'horizon, il décida d'y planter sa tente.
Après avoir préparé son repas, scruté d'un œil aigu l'espace très dégagé qui l'entourait, consulté la météo qui annonçait une nuit très calme et sans nuage, il décida de consacrer quelques heures à faire des clichés astrophotographiques. La lune étant en dernier quartier ne serait pas gênante et l'Oméga possédait un suiveur astrographique de dernière génération. De plus, le pied ultraléger en fibres de carbone était complété par une petite tête équatoriale, micromotorisée de marque Takahashi, le nec plus ultra en la matière, lui permettant avec son 55mm des suivis de l'ordre d'une dizaine de minutes.
Avec le GPS intégré, il peaufina la mise en station, les ultimes réglages se feront une fois la nuit tombée, puis il se concocta une petite potion chaude de son invention, idéale pour affronter la fraicheur nocturne. Enfin il dîna, oh ce ne fut pas Lucullus qui dînait chez Lucullus, mais ce n'en était pas loin : quelques écrevisses de la rivière proche cuites en plancha sur une pierre plate , des pleurotes et des trompettes de la mort sautées avec de l'ail des ours, un morceau de Pule acheté dans une petite ferme et une pomme cueillie sur l'arbre.
La vaisselle faite et rangée, la nuit étant maintenant complète, il se consacra à ses photos. D'abord Les Pléiades dans le Taureau, puis la voie lactée dans la région du Cygne, plus précisément les dentelles du Cygne si fines et délicates, Orion et la Grande Nébuleuse, pépinières d'étoiles en gestation, et pour terminer M31 la galaxie d'Andromède, notre proche voisine. En tout plus d'une centaine de photos en haute résolution avaient été emmagasinées dans la carte mémoire de l'appareil lorsqu'il décida d'aller se coucher satisfait de sa séance.

Aller se coucher? Mais non, son compagnon de route, Vendredi qu'il avait rencontré deux jours plus tôt l'interpela:

- Si nous entamions cette bouteille qui me reste?

Bien que fatigué Pictor accepta et la bouteille fut vite allégée. Ils gagnèrent ensuite leur sac de couchage et s'endormirent. Quelques heures plus tard, Pictor se réveille et secoue son compagnon : - Vendredi, regardez le ciel et dites-moi ce que vous voyez.
- Je vois des millions et des millions d'étoiles.
- Qu'est-ce que vous en déduisez ?
- Astronomiquement, répond Vendredi, flatté de cette marque d'intérêt, cela me dit qu'il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes. Astrologiquement, j'observe que Saturne est en Lion. Horairement, j'en déduis qu'il est environ 3 h 15. Théologiquement, je vois que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants. Météorologiquement, je pense que nous aurons une belle journée demain. Et vous, Pictor ?
Pictor Vixel reste silencieux une minute puis déclare :
- Très simplement, Watson, j'en déduis que des malotrus ont volé notre tente et mon 645.

Le reste de la nuit fut fraîche mais heureusement, se dit Pictor, il me reste mon bon vieux K5.

Incapables de se rendormir car trop énervés par cet incident grave, ils déambulèrent aux alentours et tombèrent sur leur sac et la tente sous laquelle dormaient un couple d'adolescents qui voulaient abriter leurs amours. Réveillés manu militari ceux-ci furent tancés d'importance et renvoyés dans leurs foyers. Soulagé par la récupération de son cher appareil et surtout des photos prises pendant la nuit et les jours précédents, Pictor décida de plier bagages et de reprendre son périple en se jurant, in petto, de trouver une solution définitive à ce genre de problème.

Comme tout bon photographe, il avait l'imagination fertile et une idée commençait à poindre dans son esprit. Zagreb qu'ils atteindraient vers midi lui permettra de concrétiser ce qu'il envisageait. Zagreb serait aussi l'endroit où il se séparerait de Vendredi arrivé au terme de son voyage.

Pictor Vixel était d'humeur joyeuse comme il l'était généralement et discutait agréablement avec son compagnon de voyage. Il savait où loger, les Roms rencontrés précédemment lui avaient donné une liste d'adresses où il serait parfaitement accueilli et où il pourrait trouver des chevaux. En effet, comme tout chevalier même moderne, Pictor était un cavalier accompli, maître es armes blanches et arts martiaux. C'est en pensant aux chevaux que l'idée avait germé : une série de clochettes à l'intérieur de la tente tinterait en cas de vol. Le réveil était assuré. Et puis chevaucher cheveux au vent ne lui déplaisait pas, il gagnerait du temps pour photographier et visiter.
Echaudé par cette mésaventure, il décida de faire immédiatement une sauvegarde de ses précieuses photos sur son disque dur autonome actionné par l'énergie solaire. Lui, si précautionneux en temps ordinaire, se dit qu'il l'avait échappé belle sur ce coup-là. Il décida donc que dorénavant il ferait une copie de ses photos sitôt celles-ci réalisées et qu'il achèterait un autre disque dur autonome dès que l'occasion se présenterait. Deux précautions valent mieux qu'une ! Surtout qu'on ne fait jamais deux fois la même photo.

Il arriva chez ses possibles hôtes au bout d'une longue marche à pas forcés.
Restauré, l'accord pour un cheval obtenu - au relais suivant il changerait de monture et ainsi de suite tant qu'il le déciderait - il parcourut Zagreb pour acheter son nécessaire anti-vol, puis son disque dur, une clé mobile autonome lui permettait de se brancher sur le cloud et de travailler ses photos sans perte de temps, ses hôtes lui laissant l'utilisation de leur ordinateur en toute discrétion. Ceci fait, il visita la ville haute en commençant par la cathédrale Saint-Stéphane au cœur du quartier de Kaptol, toujours en restauration depuis le fameux tremblement de terre de 1880. Il poursuivit par l'église Saint-Marc avec son toit polychrome, son portail sud œuvre des sculpteurs de la famille Parler, l'intérieur riche des sculptures d'Ivan Meštrović dont une Crucifixion qui pare le maître-autel. Il dirigea ensuite ses pas vers la place Ban-Jelačić puis l'observatoire, le théâtre national, le musée des traditions perdues, la place du ban Jelačić...
La tête remplie de souvenirs, l'appareil photo débordant de clichés, il prit la direction de son lieu d'accueil ; un important travail de mise à jour et de développement l'attendait.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 2:59 pm

Chapitre deux : de Zagreb à Belgrade

Ayant entendu les commentaires élogieux de ses hôtes sur la Lika, notre chevalier des temps modernes dirigea sa monture vers cette région restée authentique et magnifique.
A coup sûr, il serait émerveillé devant tant de beauté à l'état pur et il continuerait à réaliser des prises de vue époustouflantes grâce à ses fidèles appareils photos dont la fiabilité ne s'était jamais démentie.
Le K-5 autour du cou pour saisir les opportunités photographiques avec plus d'aisance, il déambulait sur les chemins au gré de ses envies et de son instinct.

Au détour d'un virage...
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Sam 18 Nov 2017, 5:29 pm

Ayant entendu les commentaires élogieux de ses hôtes sur la Lika, notre chevalier des temps modernes dirigea sa monture vers cette région restée authentique et magnifique.
A coup sûr, il serait émerveillé devant tant de beauté à l'état pur et il continuerait à réaliser des prises de vue époustouflantes grâce à ses fidèles appareils photos dont la fiabilité ne s'était jamais démentie.
Le K-5 autour du cou pour saisir les opportunités photographiques avec plus d'aisance, il déambulait sur les chemins au gré de ses envies et de son instinct.

Au détour d'un virage, il tomba dans un trou...

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Dim 19 Nov 2017, 1:11 am

Chapitre deux : de Zagreb à Travnik

Ayant entendu les commentaires élogieux de ses hôtes sur la Lika, notre chevalier des temps modernes dirigea sa monture vers cette région restée authentique et magnifique.
A coup sûr, il serait émerveillé devant tant de beauté à l'état pur et il continuerait à réaliser des prises de vue époustouflantes grâce à ses fidèles appareils photos dont la fiabilité ne s'était jamais démentie.Le K-5 autour du cou pour saisir les opportunités photographiques avec plus d'aisance, il déambulait sur les chemins au gré de ses envies et de son instinct.

Au détour d'un virage, il tomba dans un trou ou plutôt la terre se déroba sous ses pieds. Une fondrière masquée par des branchages et des feuilles attendait ses victimes. Mais comme il tenait fermement les rênes de son cheval qui marchait à côté de lui au rythme de ses pas, il eut plus de peur que de mal et n'eut que les bottines trempées et boueuses. Le chemin qu'il suivait recelait de nombreuses chausse-trappes et était très mal entretenu. Ce n'était pas ceux de sa Suisse natale,  soigneusement administrés par chaque canton et dont il connaissait quasiment tous les sentiers.

Échaudé par la mésaventure, il remonta en selle et pressa sa monture. Il avait décidé de passer un peu de temps dans le parc de Plitvice et de faire un détour par Smiljan, histoire de rendre hommage à Nicolas Tesla qu'il admirait. Cela lui ferait faire un détour assez important mais il pourrait passer la frontière au Parc National de l'Una et rattraper ainsi l'itinéraire de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet.
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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Dim 19 Nov 2017, 8:45 am

Chapitre deux : de Zagreb à Travnik


Ayant entendu les commentaires élogieux de ses hôtes sur la Lika, notre chevalier des temps modernes dirigea sa monture vers cette région restée authentique et magnifique.
A coup sûr, il serait émerveillé devant tant de beauté à l'état pur et il continuerait à réaliser des prises de vue époustouflantes grâce à ses fidèles appareils photos dont la fiabilité ne s'était jamais démentie.Le K-5 autour du cou pour saisir les opportunités photographiques avec plus d'aisance, il déambulait sur les chemins au gré de ses envies et de son instinct.

Au détour d'un virage, il tomba dans un trou ou plutôt la terre se déroba sous ses pieds. Une fondrière masquée par des branchages et des feuilles attendait ses victimes. Mais comme il tenait fermement les rênes de son cheval qui marchait à côté de lui au rythme de ses pas, il eut plus de peur que de mal et n'eut que les bottines trempées et boueuses. Le chemin qu'il suivait recelait de nombreuses chausse-trappes et était très mal entretenu. Ce n'était pas ceux de sa Suisse natale,  soigneusement administrés par chaque canton et dont il connaissait quasiment tous les sentiers.

Échaudé par la mésaventure, il remonta en selle et pressa sa monture. Il avait décidé de passer un peu de temps dans le parc de Plitvice et de faire un détour par Smiljan, histoire de rendre hommage à Nicolas Tesla qu'il admirait. Cela lui ferait faire un détour assez important mais il pourrait passer la frontière au Parc National de l'Una et rattraper ainsi l'itinéraire de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet.


A Smiljan il s'arrêta dans un quartier résidentiel modeste. Le quartier était propre et net, les maisons en stuc blanc en contraste avec les pelouses vertes bien tondues et les plantes bien ordonnées. Deux petits garçons firent le tour de la maison en face de lui, l'observèrent avec la franche curiosité des gamins, et l'in d'eux lui fit un sourire amical. Il leur sourit et agita la main. Les gosses se regardèrent en gloussant avant de repartir en courant. Soudain il se senatit étranger dans cet endroit, il décida d'avaler une gorgée de son ambré préféré et de rebrousser chemin pour rattraper l'itinéraire de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet.

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MessageSujet: Re: Il était une fois...   Dim 19 Nov 2017, 10:34 am

Chapitre deux : de Zagreb à Travnik


Ayant entendu les commentaires élogieux de ses hôtes sur la Lika, notre chevalier des temps modernes dirigea sa monture vers cette région restée authentique et magnifique.
A coup sûr, il serait émerveillé devant tant de beauté à l'état pur et il continuerait à réaliser des prises de vue époustouflantes grâce à ses fidèles appareils photos dont la fiabilité ne s'était jamais démentie.Le K-5 autour du cou pour saisir les opportunités photographiques avec plus d'aisance, il déambulait sur les chemins au gré de ses envies et de son instinct.

Au détour d'un virage, il tomba dans un trou ou plutôt la terre se déroba sous ses pieds. Une fondrière masquée par des branchages et des feuilles attendait ses victimes. Mais comme il tenait fermement les rênes de son cheval qui marchait à côté de lui au rythme de ses pas, il eut plus de peur que de mal et n'eut que les bottines trempées et boueuses. Le chemin qu'il suivait recelait de nombreuses chausse-trappes et était très mal entretenu. Ce n'était pas ceux de sa Suisse natale,  soigneusement administrés par chaque canton et dont il connaissait quasiment tous les sentiers.

Échaudé par la mésaventure, il remonta en selle et pressa sa monture. Il avait décidé de passer un peu de temps dans le parc de Plitvice et de faire un détour par Smiljan, histoire de rendre hommage à Nicolas Tesla qu'il admirait. Cela lui ferait faire un détour assez important mais il pourrait passer la frontière au Parc National de l'Una et rattraper ainsi l'itinéraire de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet.

A Smiljan il s'arrêta dans un quartier résidentiel modeste. Le quartier était propre et net, les maisons en stuc blanc en contraste avec les pelouses vertes bien tondues et les plantes bien ordonnées. Deux petits garçons firent le tour de la maison en face de lui, l'observèrent avec la franche curiosité des gamins, et l'in d'eux lui fit un sourire amical. Il leur sourit et agita la main. Les gosses se regardèrent en gloussant avant de repartir en courant. Soudain il se senatit étranger dans cet endroit, il décida d'avaler une gorgée de son ambré préféré et de rebrousser chemin pour rattraper l'itinéraire de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet.

A Gospić, jolie bourgade située au bord de la belle rivière Gacka et au pied du Velebit, il fit quelques emplettes nécessaires pour la suite de son voyage sans oublier de réaliser quelques magnifiques portraits des habitants en costume traditionnel venus vendre leurs productions sur le marché local. Puis il reprit sa monture et se mit en route vers le parc Una.
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